Reconnu coupable
Plate-forme : Blu-Ray
Date de sortie : 17 Juin 2026
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


5/10

Réalisé par Timur Bekmambetov.

En 2029, l'intelligence artificielle est devenue une composante structurelle des institutions américaines. Les juges synthétiques du Tribunal de la Miséricorde cumulent les rôles de juge, de jury et de bourreau. Les accusés de crimes passibles de la peine capitale disposent de 90 minutes pour prouver leur innocence, ou du moins soulever un doute raisonnable. En cas d'échec, ils sont exécutés rapidement et sans pitié. Durant la procédure, les accusés ont un accès complet aux bases de données électroniques de l'État et sont autorisés à communiquer librement avec des personnes extérieures au tribunal. Sur les 18 accusés jusqu'à présent, tous ont été reconnus coupables et exécutés par l'intelligence artificielle. Un matin, le détective Chris Raven ( Chris Pratt ) se retrouve dans le box des accusés devant la juge Maddox ( Rebecca Ferguson ). Ce policier désemparé est accusé d'avoir poignardé sa femme à mort alors qu'il était ivre. Lui aussi n'a que 90 minutes pour prouver son innocence et démasquer le véritable coupable.

Sur le papier, le dernier projet du réalisateur Timur Bekmambetov se présente comme ambitieux : une tentative de thriller d'action de science-fiction mêlant drame, mystère et enquête policière, le tout explorant l'intelligence artificielle et un débat social contemporain. Dans un futur dystopique, mais proche, une justice artificielle promet des poursuites équitables et indépendantes contre les crimes graves. Bien sûr, rares sont les films de science-fiction actuels qui se passent d'une référence à l'intelligence artificielle. Malgré son thème d'actualité, les idées de Bekmambetov manquent d'originalité et de profondeur. La quête d'humanité chez les machines et le dépassement des limites de la programmation ont déjà été abordés dans des films comme * Her* , *A.I.* et * Blade Runner 2049* , et présentés de manière plus cohérente et ambitieuse. *Reconnu coupable* (Mercy en VO) effleure ces questions d'anthropologie philosophique et d'éthique des machines , y répondant au mieux superficiellement. Mélange de thriller d'action, de mystère et d'enquête policière, le long métrage présente également des faiblesses flagrantes. D'une durée de 100 minutes, le film permet aux spectateurs de suivre quasiment en temps réel la tentative de Chris Pratt, alias Raven, de prouver son innocence et de démasquer le véritable meurtrier de sa femme. Ses recherches se limitent toutefois à des investigations en ligne menées depuis le tribunal de Mercy. À travers les publications sur les réseaux sociaux, les images de vidéosurveillance et les conversations téléphoniques, le meurtre est reconstitué et de nouveaux indices sont mis au jour.

C'est là que réside l'incohérence flagrante de Mercy . On nous laisse entendre que le protagoniste, de par son passé de policier, possède une intuition particulière pour résoudre cette affaire. Or, aucune véritable enquête policière n'est menée. Chris Raven dispose des mêmes ressources qu'une intelligence artificielle supposément infaillible, qui devrait être capable de résoudre ce meurtre en un rien de temps. Outre ces lacunes narratives, Mercy se distingue surtout par ses rebondissements prévisibles et ses stéréotypes éculés. Le personnage de Chris Pratt se résume à son pathétique individu brisé, à son alcoolisme et à ses traumatismes, sans jamais connaître la moindre évolution. Malgré une tentative de final haletant, le scénario de Mercy ne parvient jamais à transcender une esthétique convenue et banale. Sur le plan esthétique, l'approche stylistique de Mercy rappelle fortement le thriller Searching, coproduit par Bekmambetov , et son film jumeau Missing . Un élément clé de ces trois films est l'utilisation d'éléments visuels, c'est-à-dire des formes narratives véhiculées par des écrans. Cet intermédiaire visuel apporte un changement de rythme bienvenu à la mise en scène de Mercy . Cependant, l'observation de l'action par des caméras et des drones sert de prétexte aux réalisateurs pour ne pas mener les scènes d'action à leur terme, mais plutôt les interrompre brusquement. Par ailleurs, la performance de Chris Pratt dans le rôle du détective Raven, le protagoniste, reste sans relief, ce qui correspond à la faiblesse de son personnage. Rebecca Ferguson, quant à elle, n'a aucune occasion narrative de mettre en valeur son talent habituel et se retrouve à la fois dégradée et sous-exploitée dans le rôle d'une intelligence artificielle.

VERDICT

-

Malgré son postulat ambitieux, « Reconnu coupable » reste un mélange indigeste et sans âme de genres différents. Son intrigue, pilotée par une intelligence artificielle, aurait tout aussi bien pu être écrite par un programme informatique classique. Hormis quelques rares éclairs de génie stylistiques, « Mercy » est par ailleurs gâché par des incohérences logiques, des personnages sans profondeur et des rebondissements maladroits.

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