![]() Plate-forme : Bande Dessinée Date de sortie : 21 Novembre 2025 Editeur : Développeur : Genre : Bande dessinée Multijoueur : Non Jouable via Internet : Non Test par Nic0078/10 Scénario et dessin : Yûto Inai Tokyo Cannabis (Tokyo Cannabis Tokku - Taimaou to yobareta otoko) est une série toujours en cours de parution au Japon et qui a connu neuf tomes à ce jour Tokuma Shoten. Morio Chitô, 41 ans, qui vit avec sa femme et sa fille lycéenne, gère son propre magasin de fleurs. Les affaires vont mal et sa femme a accepté un emploi à temps partiel pour joindre les deux bouts. A cette époque, la nouvelle d'une réunion universitaire arriva. Avec le soutien de sa femme, Morio assiste à une réunion de classe et est approché par son ancien meilleur ami, Kagayama. Morio se sent nostalgique du passé après de longues retrouvailles, mais Kagayama propose un certain travail pour l'aider à résoudre ses problèmes financiers... Dans ce sixième tome, l’atmosphère se tend autour de Sento Morio et de sa famille : désormais engagé avec le gang Omega, qui contrôle la zone de Shibuya, Morio voit sa production validée, le chef du gang, Gaoh, reconnaît son talent et lui remet un précieux e-liquide, gage de confiance dans son savoir-faire. Mais cette reconnaissance s’accompagne d’un danger croissant : alors que l’ami de Morio, Kagayama, voit dans cette alliance l’opportunité de développer un nouveau marché, l’ombre d’un rival, le gang Kurobe, se rapproche dangereusement de l’environnement intime de Morio, jusqu’au lycée de sa fille Saki, menaçant de mêler l’illégalité au quotidien familial. Ce volume met donc en scène un double basculement : d’un côté, l’enrôlement de Morio dans l’univers obscur des gangs, de l’autre, l’exposition de ses proches, sa fille, sa famille, à des risques qu’il ne maîtrise plus. Le contraste entre ses bonnes intentions (subvenir aux besoins de sa famille) et l’irréversibilité de ses choix devient plus brutal : la ligne entre protection et mise en danger se brouille, et le lecteur sent que le moindre faux pas pourrait coûter cher. Graphiquement, le style de Yuto Inai conserve sa noirceur réaliste et son expressivité : les cases traduisent l’oppression, les contrastes forts accentuent la tension, les décors urbains, rues de Tokyo, arrière-salles, lieux glauques du milieu criminel, deviennent des pièges visuels. Les visages, souvent marqués, expriment la fatigue, la peur, la détermination ou le désespoir : on perçoit la transformation de Morio, mais aussi l’angoisse silencieuse de ceux qu’il cherche à protéger. Ce travail visuel sert parfaitement le récit, rendant palpable le poids psychologique du protagoniste et l’atmosphère de danger permanent. Le tome 6 creuse l’ambivalence de Morio : homme simple, passionné de botanique, il a accepté l’illégalité par besoin, et à mesure qu’il s’enfonce, il lutte pour ne pas perdre ce qu’il reste de son humanité. Mais la pression, la peur pour sa famille, la confiance accordée par un gang, tout cela pèse lourd. Sa fille Saki, bien qu’absente des décisions, devient le symbole de ce qu’il risque de tout perdre : innocente, elle représente l’innocence menacée, la vie normale qu’il espérait préserver. Kagayama, quant à lui, illustre la tentation du profit, l’attrait de l’opportunité, prêt à pousser Morio toujours plus loin, ce qui exacerbe le dilemme moral : jusqu’où accepter la compromission pour la survie ? L’intérêt de ce tome réside donc dans cette tension psychologique et morale exacerbée. L’auteur n’hésite plus à montrer que le business est un piège : l’adrénaline, les deals, les promesses d’argent rapide, tout cela vient avec un coût, non seulement la liberté, mais l’âme, la famille, la sécurité. Ce tome 6 montre combien les choix de Morio ne sont pas isolés : ils résonnent sur sa vie entière, sur celle de ses proches, et posent la question de ce qu’on accepte de sacrifier pour l’argent, la survie, le rêve de mieux. Le dessin réaliste et oppressant, l’écriture sans concession et la mise en lumière des conséquences humaines offrent un volume marquant, dur, mais nécessaire, un regard cru sur la descente d’un homme ordinaire dans l’ombre, et sur ce qu’il risque de perdre quand l’espoir se transforme en dette. VERDICT-En conclusion, ce volume est un tournant sombre et puissant. Il intensifie le drame, densifie l’atmosphère et donne une dimension plus grave à la série : ce n’est plus seulement l’histoire d’un passage à l’illégalité, mais celle d’un homme piégé par ses choix, tiraillé entre l’amour de sa famille, l’amour des plantes, et la spirale violente d’un monde criminel. |