Que ma volonté soit faite
Plate-forme : DVD
Date de sortie : 07 Avril 2026
Résumé | Test Complet
Editeur :
Développeur :
Genre :
film
Multijoueur :
Non
Jouable via Internet :
Non
Test par

Nic007


8/10

Réalisé par Julia Kowalski.

Contrainte par les circonstances familiales de vivre à la ferme familiale, déchirée entre un père aimant mais trop occupé d'origine polonaise (Wojtek Skibišski), déterminé à la garder à la maison pour la protéger des démons maléfiques et incontrôlés qui avaient déjà emporté sa mère quelque temps auparavant, et deux frères aînés très grossiers et primitifs qui la traitent poliment comme une servante (Przemyslaw Przestrzelski et Kuba Dyniewicz), la patiente Nawojka (Maria Wróbel), habituée à élever des vaches et à sevrer des veaux, rêve d'être admise à un stage dans une école vétérinaire à 50 kilomètres de là. C’est pourquoi elle prie beaucoup et ne passe pas une nuit sans se tordre de douleur dans son lit, luttant contre les sombres tentations qui l’assaillent. Ses journées passées à garder le troupeau de vaches dans la campagne française grise, pure et brumeuse, qui n’est pas sans rappeler les premiers romans de Dumont, sont bouleversées par l’arrivée de la belle, impétueuse et débridée Sandra (Roxane Mesquida, une magnifique jeune femme brune qui finira par succomber à la brutalité de son entourage), une jeune femme à la réputation sulfureuse, venue vendre la maison voisine de celle de Nawoika, celle de ses parents défunts. Une présence qui, combinée aux démons qui coexistent au sein du jeune éleveur, bouleverse la vie quotidienne ordinaire et négligée de ce lieu rural agité. Peu après, une mystérieuse épidémie décime le troupeau, tuée par une sorte de champignon extraterrestre qui vit en symbiose avec le bétail jusqu'à le consumer. Dans ce contexte aussi ésotérique que troublant, cela ne semble guère être une coïncidence.

Ce deuxième long métrage de Julia Kowalski, à la fois poignant et dérangeant, mêle atmosphère horrifique et quotidien étouffé par la misère et l'abandon. Empreint d'images inoubliables, comme la démarche figée et hébétée de l'héroïne dévastée, nue et présumée morte par erreur dans un final puissant et démoniaque, « Que ma volonté soit faite » est un film qui marque durablement les esprits. Riche de moments forts et de plans saisissants qu'on ne peut oublier, il révèle le talent prometteur de cette cinéaste française d'origine polonaise. Esthétiquement, « Que ma volonté soit faite » emploie le langage de la transgression. La photographie de Simon Beaufils (directeur de la photographie d’ « Anatomie d’une chute » ) dépeint la campagne comme un lieu de tourment, empreint de boue, de tristesse et de régression. Le montage d’Isabelle Manquillet évoque le rythme des films de Nicolas Roeg, et Kowalski n’hésite pas à y glisser des références à Wojciech Smarzowski, Bruno Dumont, et même Brian De Palma . La structure non linéaire crée un récit à la frontière de l’horreur, du drame et du grotesque. Kowalski crée un monde suspendu dans le temps, où l'oppression religieuse se heurte au désir queer. Dans ce combat, Nawojka est une victime terrifiée, mais peu à peu, elle trouve le courage d'entreprendre des actions qui transforment radicalement sa situation. La caméra capte avec insistance ses métamorphoses, physiques et émotionnelles. Maria Wróbel joue avec une intensité qui n'est pas sans rappeler les héroïnes d'Andrzej ?u?awski .

VERDICT

-

« Que ma volonté soit faite » ne porte aucun jugement, mais bouleverse les conventions sociales , tandis qu'un drame de la souveraineté féminine se déploie au cœur de la vie rurale. Son parcours devient un rite de passage – une prière, voire un cri, d'une femme consciente.

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